mercredi 2 avril 2014

Archive : La Collection philosophie de chair

En 1998 j'ai créé la Collection Philosophie de chair, série de spectacles sur des textes de grands philosophes. Elle s'acheva en 2012 par la création de "Cet asile de l'ignorance", sur des textes de Spinoza interprété par Jean-Marc Bourg

Jean-Marc Bourg dans Cet asile de l'ignorance de Spinoza en 2012

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Collection Philosophie de chair
La pensée en marche.


La philosophie est devenue une pensée écrite donc cristallisée et aboutie. Mais les pensées qui nous parviennent par les livres sont des traces inertes, c’est à dire qu’elles ont perdu le tempo chaotique, hésitant, en un mot vivant, qu’elles devaient avoir quand elles sont nées laborieusement des méditations du philosophe. La parole sonore apporte une vibration « pneumatique » et une temporalité à l’enchaînement des phrases, et l’inflexion d’une voix peut ajouter au sens des mots une indication affective. La pensée étant une action, il est tout naturel que l’art dramatique – l’acteur - puisse en rendre compte plus facilement que la lecture qui, bien qu’elle soit aussi active, se prive de l’expression du corps dans l’espace. Le théâtre peut redonner du rythme, de la passion à cette pensée livresque qui s’est solidifiée. Loin de constituer une chaire de philosophie il nous faut au contraire recréer une philosophie de chair.

Il est des philosophes qui ont vécu leur philosophie en la pensant, d’autres qui l’ont pensée sans la vivre ; leurs écritures sont radicalement différentes. Les premiers utilisent plus volontiers le « je » ou se mettent en situation dans un dialogue, les seconds empruntent les chemins de l’étude et conceptualisent à froid.

Dans notre projet d’incarnation de la philosophie par des personnages vivants sur une scène, c’est bien sûr à cette première catégorie que nous nous intéresserons d’abord. Dans le choix des textes proférés au théâtre, le critère de l’épaisseur humaine sera prépondérant. Qu’est-ce que l’épaisseur humaine ? Elle se manifeste paradoxalement par des choses ténues : ce sont peut-être tous ces petits détails, toutes ces expressions qui trahissent chez l’auteur une humeur, un sentiment, une émotion ou une inclination derrière le mur solide de la raison et des « idées claires et distinctes » qui se veulent objectives, « …car enfin, il faut reconnaître l’infirmité et la faiblesse de notre nature ». Ne sent-on pas la dimension tragiquement humaine de René Descartes quand il se mutile littéralement de tous ses sens, de tous ses membres, de tous ses préjugés, opinions et croyances, pour voir ce qui reste en lui et pour constater qu'il pense encore? Ne voit-on pas l’enthousiasme communicatif de Denis Diderot lorsqu’il pense avoir trouver le secret de la matière ? Ne frémit-on pas devant l’angoisse de Blaise Pascal en équilibre au-dessus du gouffre des deux infinis ?

La scène est le lieu de l’échange, du partage et de la communion, n’est-ce pas l’endroit idéal pour faire vibrer la raison humaine par la voix des grands philosophes ? En un temps où le besoin de sens se manifeste un peu partout et où la muraille de l’individualisme se lézarde quelque peu, le théâtre et la philosophie peuvent s’unir, non pour rendre le monde meilleur, mais au moins pour le questionner dans le plaisir.




Divulguer, non vulgariser

Le point commun de tous nos spectacles est qu’ils font parler les auteurs dans le texte (traduits en français bien-sûr). Il n’y a pas de réécriture, la seule modification consiste à couper certains passages. Les critères de coupes peuvent être la difficulté, la redite ou la digression. Les spectacles ne devant jamais dépasser l’heure, il faut aller à l’essentiel : le théâtre est un art discursif et fugace, il faut que le texte soit compris instantanément ; voilà pour les raisons des coupes.

Notre ligne de conduite n’est ni didactique ni pédagogique, mais nous recherchons le plaisir, l’émotion, la réflexion, l’échange et le partage, bref, nous ambitionnons de faire du théâtre. Nous ne mettons pas la philosophie à la portée du spectateur mais nous lui donnons la main pour aller vers les auteurs.

Toute œuvre d’art (digne de ce nom) soulève des problèmes philosophiques, rarement elle les attaque de front, par la raison. Ainsi les grandes tragédies parlent aux hommes. La philosophie, plus laborieuse, essaie de poser les problèmes rationnellement, mais le chemin est ardu, d’ailleurs, elle a toujours été un peu jalouse de l’art. L’artiste joue. Le philosophe travaille, ses livres se vendent moins que les romans. Mais un acteur qui dit de la philosophie, incarne un philosophe, peut jouer. C’est là notre pari : faire de la philosophie un jeu sérieux, un gai savoir, grâce auquel elle devient plus accessible pour l’« honnête homme » spectateur, mais sans transiger, il s’agit de divulguer, non de vulgariser.


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Voici la liste des spectacles de la collection que Didier Mahieu a mis en scène et co-interprétés :



Deux premières méditations
texte de René Descartes
interprétation Stanislas de la Tousche 



Cette chose qui pense…

Voilà un homme de 47 ans qui se retire du monde (dans sa chambre) pour entreprendre de remettre en cause toute les connaissances qu’il a reçues jusqu’alors ; il les rejette au rang des préjugés, opinions et croyances. Son doute s’appliquera également à tout ce qui vient de ses sens, l’existence même de son propre corps sera réfutée.
Quelle sera la seule chose certaine et indubitable qui émergera de cette ascèse totale ? : Le « je » qui pense. « Cette proposition : je suis, j’existe, toutes les fois que je la prononce ou que je la conçois en mon esprit, est nécessairement vraie. ». Et de cette évidence originaire, Descartes va reconstruire le monde.
Penser par soi-même, voilà une démarche qui nous paraît aujourd’hui naturelle et pourtant elle fut révolutionnaire en un temps où le dogmatisme était la règle ; le savoir des Anciens et l’Ecriture Divine faisaient autorité. C’est ainsi que les « Méditations Métaphysiques » furent misent à l’index…
Mais n’oublions jamais qu’en ce qui concerne l’autonomie du sujet qui pense, nous sommes tous des cartésiens.
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Fragments de Pensées
textes de Blaise Pascal
interprétation Yedwart Ingey


Un plaisir non-divertissant.

Pascal n’aimait pas le théâtre, ou plutôt il le trouvait dangereux parce qu’il séduit ; de tous les divertissements qu’il fustigeait, la comédie était la plus à craindre : elle représente nos passions avec tant de délicatesse, qu’elle peut nous conduire vers le péché en nous les faisant aimer.
Il peut donc sembler paradoxal de montrer Pascal au théâtre. Nous pouvons lever facilement cette apparente contradiction par un simple syllogisme :
1 – La philosophie n’est pas un divertissement.
2 – Nous proposons de la philosophie au théâtre.
3 – Donc le théâtre philosophique n’est pas un divertissement.
Mais attention, cela ne veut pas dire que le plaisir est absent. Il y a un rapport intime entre la connaissance et le plaisir (c’est ce que Kant appelait le domaine de l’esthétique), mais dans ce cas ce n’est pas un plaisir de consommation (ce que Pascal appelait « la concupiscence »), mais un plaisir de la connaissance elle-même. Et cette connaissance qui plaît ou ce plaisir qui connaît, n’est pas un divertissement, au contraire c’est de l’avertissement :
Faire de la philosophie c’est être averti, c’est-à-dire en alerte.


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Aurore et Crépuscule
textes de Friedrich Nietzsche
interprétation Maxime Leroux


La morale est fondée sur une tradition, être moral c'est obéir à une coutume qui revêt la forme d'un soi-disant libre-arbitre; faire confiance à ses sentiments "c'est obéir à son grand-père" plutôt qu'à la raison et à l'expérience personnelle. Accepter une croyance parce qu'elle est dans les mœurs c'est finalement être lâche et paresseux. "La philosophie n'est plus que le recensement de toutes les raisons que l'homme se donne pour obéir", écrit Gilles Deleuze, interprète de Nietzsche. Il faudrait donc rechercher comment les mœurs se sont constituées et voir si elles ne sont pas le fait d'une autorité usurpée qui s'est arrogée le droit de dire ce qu'est le bien et le mal et fonder ensuite une morale sur l’intérêt particulier plutôt que sur un hypothétique « bonheur suprême de l’humanité » qui n’est qu’une fiction. Mais cela suppose que l’on accepte de remettre en cause également le « moi » qui constitue ce particulier. La logique, par la structure du langage, a séparé l’acte du sujet, toute activité n’a pu reposer jusqu’à présent que sur un substrat que l’on a appelé le « moi », mais ce n’est qu’une illusion grammaticale
Mais si je veux conduire ma vie en fonction de ma propre existence, encore faudrait-il que ce "je" fondateur soit lui-même une entité réelle. Or le "moi" est tributaire des mots qui désignent ses différents états: colère, haine, amour, pitié, désir, connaissance, joie, douleur, etc. Cet ego, qui n’est que la somme de sentiments nommables, est très superficiel car la vie est un flux continu d'actions et de réactions subtiles, subliminales, et les mots manquent souvent pour les décrire. La pensée du "moi" est donc très fragmentaire, et ici Nietzsche inaugure une philosophie de l'inconscient dont la psychanalyse lui est redevable.

Dire « je pense », c’est déjà appliquer une morale car c’est hiérarchiser le phénomène « pensée » en deux pôles de valeurs différentes : un sujet qui conduit l’activité de penser, c’est donc donner un sens axiologique au monde en subordonnant le fait de penser à une cause substantielle : le moi. Il faudrait donc en toute rigueur dépersonnaliser la pensée et dire « il pense » comme on dit « il pleut », étant entendu que quand il pleut ce n’est pas le nuage qui pleut pas plus que le soleil fait beau quand « il fait beau ».
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La prose du monde
texte de Maurice Merleau-Ponty
interprétation Patrick Verschueren


« Voilà longtemps qu’on parle sur la terre et les trois quarts de ce qu’on dit passe inaperçu. Une rose, il pleut, le temps est beau, l’homme est mortel. » Ainsi commence La prose du monde, texte inachevé de Maurice Merleau-Ponty. On le voit, il sera ici question des problèmes du langage et de l’expression. Quels rapports entretiennent les mots et le monde ? Le monde des mots est-il étanche au monde de la perception ? Ou le langage n’est-il que le résultat de notre expérience dans le monde ? En quoi le « voir » le « nommer » et  le « penser » sont-ils dépendants l’un de l’autre ? Ainsi commence l’interrogation philosophique de l’auteur. Si le langage n’avait qu’une origine empirique, il ne pourrait parler que de ce qui existe déjà, or il n’en est rien, des idées nouvelles, insoupçonnées, peuvent naître de la parole. En particulier dans la littérature, le poète peut nous entraîner dans un monde bien à lui, au-delà du réel. Certes, il use de mots que je connais déjà, mais ceux-ci se font oublier, et j’ai l’impression d’entrer dans la pensée de l’auteur sans leur médiation. Par quelle magie la parole peut-elle créer un nouveau monde ?  A un certain moment,  « le livre, cette machine infernale, appareil à créer des significations », prend possession du lecteur, c’est lui qui gouverne. Pour quelle raison les mots permettent-ils de raisonner ? Comme dirait le fou de La nuit des rois : « Je ne saurais vous donner une raison sans les mots. »…et nous voilà dans une voie sans issue, une aporie dirait le philosophe.
Peut-être faut-il alors envisager le langage dans le rapport au corps et à autrui : quand nous parlons ensemble, autrui m’habite « à tel point que je ne sais plus ce qui est de moi, ce qui est de lui. ». L’autre n’est pas un objet comme un autre, c’est un autre moi-même, et nous créons ensemble un monde bruissant de mots depuis que l’homme est homme ; et ce monde sédimente des significations nouvelles à chaque instant. En effet, nous venons d’écouter la parole de Merleau-Ponty lui-même, elle nous a modifier et maintenant, gros des pensées qu’elle nous occasionne, nous allons pouvoir dialoguer ensemble, et poursuivre cette interrogation philosophique sans laquelle l’homme ne serait pas homme.


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Entretien entre d'Alembert et Diderot
texte de Denis Diderot
interprétation Stanislas de la Tousche


De la pierre à la pensée…

Comme tous les autres numéros de la collection « philosophie de chair », il s’agit d’un spectacle-rencontre où le public, témoin d’un dialogue entre Diderot et d’Alembert, est invité à poursuivre la discussion. La pensée vivante de Diderot, par l’incarnation des comédiens et par la mise en situation, retrouve ainsi la présence et la passion qu’elle devait avoir lieu dans les salons du XVIIIème siècle. Par le théâtre, la philosophie peut retrouver l’oralité dont elle était issue et le questionnement du monde peut alors se faire dans le plaisir et la convivialité.
Dans ce dialogue, Diderot va s’employer à réfuter le dualisme de l’esprit et de la matière et à conjecturer l’existence d’une matière primordiale sensible d’où la vie et même la pensée sont issues de manière indissoluble.
D’ALEMBERT. – Je voudrais bien que vous me dissiez quelle différence vous mettez entre l’homme et la statue, entre le marbre et la chair.
DIDEROT. – Assez peu. On fait du marbre avec de la chair, et de la chair avec du marbre.
Et la verve diderotienne va s’emballer…

Une telle philosophie peut en tout cas donner « matière » à rêver et à discuter, c’est à quoi nous inviterons le public…
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La nature et le contrat
textes de Jean-Jacques Rousseau
interprétation Yedwart Ingey


Un rêveur solitaire mais solidaire

Jean-Jacques Rousseau est un personnage emblématique de l’époque moderne : individualiste forcené, il n’a de cesse de se poser la question du vivre-ensemble. Car il faut bien en convenir, l’homme d’aujourd’hui est écartelé entre un désir d’indépendance absolue, d’autonomie, et un grégarisme nécessaire dans une société où l’interdépendance de chacun vis-à-vis des autres est de plus en plus aiguë. Bref, l’homme moderne aspire à une liberté individuelle sans bornes, mais la vie sociale et l’économie qu’elle induit – même dans une société dite démocratique et libérale – vient entraver ce besoin de liberté absolue. On retrouve cette contradiction fondamentale dans toute l’œuvre de Rousseau, nul mieux que lui n’a su poser le problème de la liberté individuelle face à la liberté politique, celui de « l’insociable sociabilité de l’homme » dira Kant. Ajoutons à cela que cette question philosophique de haute importance est formulée dans un style admirable, et l’on joindra le plaisir, à la nécessité et à l’urgence de retourner à Rousseau.

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Quand les poèmes cachent les théorèmes
textes de Gaston Bachelard
interprétation Jean-Marc Bourg


« Il faut penser contre le cerveau. »

Devant la flamme d’une chandelle, le regard du rêveur se fixe, et son imaginaire, comme un papillon de nuit, se met en mouvement. A partir de là, bien des mondes peuvent se créer, une flamme déclenche une poétique de la rêverie. Cette vertu de la vision du feu a une origine psychologique que Gaston Bachelard a tenté d’analyser. Mais le savant voit le feu d’une toute autre manière : pour lui c’est une combustion, c’est-à-dire la combinaison d’un corps (le carburant) avec de l’oxygène (le comburant), la flamme c’est de la matière et de l’énergie et l’on peut mathématiser leur rapport ; cette connaissance objective semble très éloignée de celle du rêveur de bout de chandelle, et pourtant l’œuvre de Gaston Bachelard se tient toute entière entre ces deux pôles : entre les poèmes et les théorèmes, entre la lumière d’une flamme de chandelle et celle d’une ampoule électrique. Laissons-nous porter par la pensée originale de ce grand « poéticien » qui a su exprimer de manière lumineuse les problèmes posés par la connaissance scientifique contemporaine, et écoutons-le nous expliquer pourquoi  « l’opinion ne pense pas » et pourquoi « il faut penser contre le cerveau ».


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Le beau, l'art et le bel art
textes de G.F.W. Hegel
interprétation Frédéric Cherboeuf


Hegel est un philosophe réputé difficile, mais son esthétique est un moyen aisé pour l’aborder quand on n’est pas familiarisé avec le jargon philosophique. La raison en est que ce texte est la retranscription de ses cours magistraux faite par ses étudiants, ce qui lui confère un côté vivant et plus abordable. Nous verrons donc sur scène un jeune étudiant hégélien essayant de chercher à comprendre pourquoi l’homme imite la nature, pourquoi il crée des œuvres d’art et pourquoi son maître pense que l’art est quelque chose de dépassé. On s’apercevra ainsi que Hegel a jeté les bases de la réflexion moderne artistique ; en effet, nombre de théoriciens de l’art d’aujourd’hui se réfèrent encore à lui, tant positivement que négativement. Il est donc essentiel, si l’on veut se faire un point de vue solide sur la question, d’en revenir aux cours du professeur de Heidelberg. Et n’oublions pas que pour lui, l’art dramatique était le plus élevé de tous les arts…


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La promenade du sceptique
textes de Denis Diderot
interprétation Jean-Marc Bourg



La lumière naturelle de Diderot
Certes, le siècle des lumières est celui des salons littéraires et philosophiques, mais c’est aussi celui d’un retour à la mère nature. Ainsi la philosophie sensualiste de Denis Diderot est inspirée - si l’on ose dire - par le plein air, on y respire à pleins neurones, et, pour paraphraser le langage pictural, on pourrait parler d’une pensée agreste.

Le moindre rocher, la moindre plante, l’animal le plus infime sont prétextes à un délire champêtre, un mélange étonnant de poésie et de raison. Diderot n’a jamais choisi entre le rationnel et l’émotionnel, c’est ce qui fait son charme aussi bien que sa faiblesse : il ne sera pas pris au sérieux par les philosophes patentés. Son université c’est le monde, son credo le plaisir, sa passion la parole. Ce logos spermatikos nous étourdit par sa volubilité, son éloquence et son intelligence ; il nous persuade en usant de tous les ressorts de la rhétorique, y ajoutant l’humour pour emporter le morceau. Il nous promène littéralement.
Et justement, nous vous invitons à le suivre en esprit et en corps, en cheminant avec lui dans la nature. Prenons-le au pied de la lettre et emboîtons son pas - un pas de deux en l’occurrence. Voyons comme il passe de la pierre à la vie, du coq à l’âne, de l’âne à l’homme, et de l’homme à pas de dieu. La matière est vraiment pour lui la substance unique, la mère même de toutes nos pensées - mater noster. Si un esprit peut faire de la matière, pourquoi la matière ne ferait-elle pas un esprit ? « Dieu » est donc une hypothèse qui obscurcit tout.
Vous n’êtes pas d’accord? Vous pourrez y mettre votre grain de sel à la fin du spectacle en devisant sous les charmilles un verre à la main avec cet apôtre de la Dive Bouteille. Ensuite, nous pourrons dire: « Il se fait tard. Allons souper.* »

*  Dernière phrase du Paradoxe sur le comédien.



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Platon dans le texte pour les bacs moins 7
spectacle pour enfants sur des textes de Platon
interprétation Clélia David



La caverne de Sophie
Platon dans le texte pour les Bacs plus ou moins sept (CM2 et doctorants).

Platon s’est souvent servi des mythes pour nous faire comprendre sa philosophie. Mais alors, des histoires fabuleuses, invraisemblables, pourraient nous faire accéder plus facilement à la Vérité ? C’est paradoxal mais c’est vieux comme le monde : depuis la nuit des temps les histoires qu’on raconte aux enfants ont toujours une « morale ». Ainsi le mythe de l’androgyne nous enseigne ce qu’est l’Amour, le mythe de Gygès et son anneau magique nous questionne sur la Justice, et le célèbre mythe de la caverne nous apprend ce qu’est une Idée.

Dans l’imagerie traditionnelle, le philosophe est souvent représenté comme un vieux sage qui initie un jeune ignorant. Dans La caverne de Sophie au contraire, la sagesse – sophos en grec -  sera incarnée par une jeune fille qui séduit un vieux sophiste en lui racontant ces histoires fabuleuses que sont les mythes. Elle nous transportera par l’image et les mots dans ce monde extraordinaire. Puis, nous reviendrons dans la réalité de notre monde-à-nous pour philosopher un peu avec les enfants à partir de ces histoires platoniciennes. Mais les vieux à bac plus sept pourront écouter aussi, et apprendre certaines choses…


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Cet asile de l'ignorance
textes de Benoît Spinoza
interprétation Jean-Marc Bourg
scénographie Mahi
lumière Patrick Chiozzotto
musique Joël Drouin
costume Dominique Fabrègue


« La vertu absolue de l’esprit c’est de comprendre » dit Benoît de Spinoza dans son Ethique. Il était fou de raison et il est raisonnablement fou de vouloir le faire vivre sur une scène de théâtre. Et pourtant cet humble et solitaire philosophe voulait que le plus grand nombre comprenne sa pensée. Tel est l’objectif que nous nous proposons.
En suivant la métaphore de la lumière observons ce polisseur de lentille travailler manuellement et intellectuellement : il peut aussi bien nous montrer comment apparaît un arc-en-ciel, enflammer du papier avec ses loupes et s’enflammer lui-même en parlant de la jalousie…
Avec Spinoza un non-philosophe est comme aspiré en un éclair dit Gilles Deleuze. Vous pourrez donc nous donner votre avis là-dessus.


...et suite à ce dernier spectacle, en 2012 donc, Didier Mahieu repassa le pinceau à Mahi, et celui-ci rentra à nouveau dans son atelier. 
Après quinze années d'abstinence, il peint maintenant d'autres spectacles, seul.